Mettre fin à son manuscrit. Oui, mais…

Mettre fin à son manuscrit. Oui, mais…

Mettre fin à son manuscrit. Oui, mais… 3974 2584 Delphine Roinel

« II faut mettre fin à ce livre. Mais il n’est pas terminé. »

Parole d’auteur, venu me trouver récemment pour me demander de l’aide sur son manuscrit.

Paradoxe ? Contradiction ?

Ou subtilité infime de ce moment crucialet inconfortable — pour l’auteur, dans l’entre-deux de son manuscrit ?


L’écriture de son texte avait duré des années.

Selon ses propres mots, il était « finalisé ». Mais « pas terminé ».

Sans vraiment savoir l’exprimer, cet auteur se questionnait sur la situation de son texte.

Il ressentait à la fois l’urgence d’agir pour le faire publier et l’urgence de réfléchir et de travailler son texte encore…

Les mots perlés - Quand envoyer son manuscrit - mettre fin

Nous avons longuement échangé pour comprendre et mettre des mots sur son besoin.

  • Quand s’arrêter dans l’écriture d’un texte d’auteur ?
  • Quand envoyer son manuscrit à un éditeur ?
  • Quelles priorités ? Quelle démarche adopter ?
  • Que décider quand la boucle des pensées devient infinie et vous obsède, quand vous êtes paralysé par l’hésitation et le terrible sentiment d’inachevé ?

Je vous propose ici un voyage au gré des questionnements de cet auteur, qui pourraient bien devenir des pistes d’action pour vous…

Mettre fin à son manuscrit : être allé au bout de son intention.

Écrire un texte littéraire est avant tout un acte intime, un acte de sens.

Les mots perlés - quand envoyer son manuscrit - écrire acte de sens
« Quelque chose qui vaut la peine d’être écrit ».

Le texte vient des tripes, il porte sens, il transforme, révèle son auteur à lui-même.

Peu d’auteurs écrivent sans INTENTION.

Qu’elle soit intérieure — écrire pour soi — ou extérieure — tournée vers l’autre, le lecteur idéal —, ou les deux, celle-ci est le fil rouge de l’écriture.

Votre intention, c’est votre flamme intérieure. La lumière que vous portez en vous, qui ne s’éteint jamais totalement, même malmenée, exposée au souffle.

Les intentions d’écriture sont innombrables et singulières à chacun.

  • Il y a toutes les intentions positives, qu’elles soient intimes ou tournées vers le lecteur. Dire sa vérité, raconter son histoire, laisser une trace, se faire comprendre. Transmettre, témoigner, créer du lien, toucher tel ou public, aider et soutenir le lecteur, déclencher chez lui la réflexion, etc.
  • Il y a aussi tout ce que l’auteur ne veut pas. Ne pas donner de leçons, ne pas être mièvre, ne pas être trop technique, etc.

Il y a donc tous les « pourquoi ? » et les « pour quoi ? ».

  • Et puis vient le « pour qui avez-vous écrit ce texte ? » Sauriez-vous dresser le portrait-robot de votre lecteur idéal ? Et pour qui n’écrivez-vous surtout pas ?

Mais mettre fin à son texte est d’abord une question tournée vers soi.

« Suis-je allé au bout de mes intentions d’écriture » ?

Quand envoyer son manuscrit - Seul l'auteur sait
« Seul l’auteur sait ».

Le point final vous appartient.

Question de sensation, d’intime conviction, de folle intuition ?

Si cela vous suffit, si vous l’éprouvez intimement, vous êtes probablement prêt.

C’est une alchimie intérieure.

Cela ne s’explique pas.

Quand envoyer son manuscrit - Seul l'auteur sait

Mais que faire dans le cas contraire ?

  • Comment décider une fois pour toutes qu’on a trouvé les mots les plus justes pour… ?
  • Sauriez-vous verbaliser ces intentions ? L’avez-vous fait ?
  • Sauriez-vous les mettre en regard de votre texte ? 

C’est un exercice qu’il est difficile d’accomplir seul, paradoxalement.

Partager ses intentions d’écriture pour les clarifier.

La seule verbalisation de vos intentions peut être difficile : du grand blanc au grand brouillard, tant tout se mélange, semble beaucoup, voire trop…

Alors, partager vos intentions d’écriture avec un tiers bienveillant et neutre peut déjà être source de CLARIFICATION pour vous.

Vous avez tant travaillé votre texte que vous êtes immergé. Vous avez été votre propre lecteur, une fois, deux fois… dix fois peut-être. Vous manquez de recul.

C’est un travail d’écoute approfondie que je réalise avec mes clients, avant toute définition de leur besoin d’aide sur le texte lui-même. Ensemble, nous débrouillons, nous clarifions, nous écoutons votre voix intérieure s’exprimer sur vos intentions d’auteur.

Clarifier ses intentions permet alors d’envisager la seconde étape : décider de les regarder avec un œil nouveau, s’interroger sur la JUSTESSE du texte, dans toutes ses dimensions.

Justesse du texte… mais encore ?

« Justesse : conformité d’une réalisation à son objet, sans excès ni défaut. »

La justesse est donc toute relative. Voilà ce qui fait sa difficulté ! Retour aux intentions, au sens, à l’objet de votre écriture.

Conformité : quel mot déprimant, passif, terne !

Essayons autre chose : alignement ?

« Alignement : Disposition de plusieurs choses placées l’une à la suite de l’autre, en ligne droite. »

J’y vois beaucoup plus que ça. Ah, la recherche des mots justes…

Dans l’alignement, je vois un beau mouvement, gracieux, et je vais même plus loin : on le voit souple, suivant la vague du sens qui vous anime…loin de la ligne droite….

J’y reviendrai dans un prochain article.

Revenons à nos moutons.

Les mots justes seraient donc ceux qui vous alignent spontanément avec votre texte, qui réalisent le sens de votre démarche d’écriture, qui, à la simple lecture, font mouche.

Nouvelle difficulté ici : les mots justes pour qui ?

Pour vous ? Votre éditeur ? Vos lecteurs ?

Qui décide in fine de la justesse de votre manuscrit ?

Mettre fin à son manuscrit : vais-je toucher mon lecteur ?

Le doute : suis-je lisible, accessible ?

Vous avez l’impression d’avoir terminé. En en même temps ce sentiment d’inachevé vous titille.

Et si… j’étais à côté de la plaque ? Si j’étais illisible ?

Rares sont les textes non destinés à être lus.

Une question fondamentale quand vient le temps de mettre fin à son manuscrit est la question de l’accès du texte par le lecteur.

Retour sur une intention fréquente de l’écriture tournée vers l’autre.

Vous avez en principe défini pour qui vous écrivez. N’est-ce pas ?

Votre livre n’existera que s’il est lu par vos lecteurs.

Il a été un texte intime, un texte de plaisir, il doit devenir maintenant un texte de désir.

Votre intention est une chose, le besoin et l’attente de vos lecteurs en sont une autre. Pour eux, peu importe le temps que vous y avez passé. Seul compte l’impact que votre livre produira sur eux.

La seule question pour vous est :

« Ai-je trouvé les mots justes ? Les mots qui feront mouche, qui toucheront mon lecteur, qui les feront réagir, réfléchir, grandir… ? ».

Pour cela, il n’y a pas d’autres solutions que de faire relire votre texte.

Faire relire son texte. Une étape incontournable, mais difficile.

Vous osez montrer ce qui est sorti de vous. Œuvre intime. C’est comme se montrer nu.

Qui n’a pas éprouvé la peur de montrer ses textes ?

Et puis, ce sentiment d’inachevé ajoute à vos peurs. Honte de l’inachevé, peur de devoir retravailler, encore et encore, vous qui avez tant travaillé.

Peurs de perdre votre texte, qu’on vous l’abîme, qu’il s’alourdisse, ou qu’il disparaisse…

Vous avez le choix : ne jamais le montrer à quiconque, et il restera dans vos tiroirs, avec vos frustrations et vos regrets ; ou prendre un risque, qui vous coûtera peut-être sur le moment… et vous fera avancer.

Bravo pour ce pas franchi.

Mettre fin à son manuscrit : quand s’arrêter et de faire relire mon texte ?

Vous avez fait relire votre texte autour de vous, par un panel diversifié de lecteurs de votre entourage proche et moins proche.

Un bêta-lecteur, un deuxième, un troisième, soigneusement sélectionnés et briefés sur votre attente, ont relu votre manuscrit. Ils vous ont donné leur avis, quelques petites lumières se sont allumées chez vous, vous avez réécrit des passages, retravaillé tel ou tel passage de l’intrigue, tel ou tel personnage. Vous avez progressé, un peu, même si ce sentiment d’inachevé vous tenaille encore.

Et puis vous avez parlé de votre livre autour de vous. Plusieurs bonnes volontés se sont manifestées chaleureusement pour donner leur avis. Vous vous êtes empressé d’accepter ! De l’intérêt pour mon livre, ça ne se refuse pas…

Et voilà que les retours se croisent, se contredisent… et achèvent de vous brouiller tout à fait.

Là, une petite voix intérieure vous dit : « je devrais peut-être arrêter de faire lire mon texte. »

Cette petite voix ne serait-elle pas celle du sens ?

Vous êtes en bonne voie…

Mettre fin à son manuscrit : corriger ses fautes ?

Ce gros morceau, vous l’avez poussé devant vous, longtemps.  

Vous savez qu’un texte propre est plus crédible. On vous l’a chaudement recommandé, sans appel, et ce quel que soit le mode d’édition prévu de votre ouvrage. Et vous avez raison.

Mais pour vous ce n’est qu’une question d’orthographe, de grammaire, bref, de technique barbante.

Alors vous avez soigneusement évité de vous y frotter jusque-là.

Et puis vous n’avez pas la moindre idée de la façon de vous y prendre.

Correcteur automatique ? Correcteur en ligne ? Lecteur correcteur professionnel ?

Vous y perdez votre latin…

Mettre fin à son manuscrit : « oui, j’ai besoin d’aide, mais… »

Si vous ressentez que vous avez besoin d’aide, alors c’est le signal que vous n’êtes pas allé au bout de votre chemin. Et pour cela, vous pouvez être aidé.

Se faire aider sur quoi ?

Il existe pléthore de services aux auteurs.

Conseillers littéraires et éditoriaux, coachs en écriture, qui accompagnent les auteurs de bout en bout, à tous les stades de leur écriture.

Je n’en suis pas. Chacun son métier.

Mais votre besoin peut être plus ponctuel.

Ateliers d’écriture, accompagnement littéraire, diagnostic détaillé de manuscrit, lecteur-correcteur, aide à l’autoédition, conseil juridique…

Un lecteur correcteur professionnel peut être un partenaire de choix à ce stade pour vous.

La relecture professionnelle de votre manuscrit peut vous fournir les ingrédients d’une réflexion personnelle mature sur votre texte.

C’est ainsi que je conçois et que j’exerce mon métier de lectrice correctrice professionnelle.

« Comment ?  Vous allez corriger mes fautes et tout va s’éclaircir dans mon esprit ? ».

La clé, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de corriger des fautes.

C’est une vision terriblement réductrice de la démarche.

Faire relire et corriger votre texte lui donnera l’élan d’un nouveau regard, y compris du vôtre !

Vous allez confier votre texte à un professionnel de la langue et de la typographie. Vous attendrez d’abord de lui qu’il « nettoie » votre texte, pour le rendre encore plus lisible, cohérent, impeccable, léger. C’est le premier objectif de ce travail.

Mais au-delà de la propreté technique du texte, le fait de revenir sur les mots en passant par un tiers bienveillant va produire un second effet vertueux.

À la lecture des propositions qui vous seront soumises, vous allez entendre une petite voix intérieure vous questionner, voire vous bousculer.

Peut-être, pour certaines, prendrez-vous ces propositions comme une petite lumière qui s’allume ; peut-être d’autres tomberont-elles à plat, et peu importe, ce sera aussi une réponse pour vous ! La formulation alternative vous aura poussé au bout de vos retranchements.

Si vous vous autorisez à écouter cette voix intérieure, vous progresserez beaucoup dans votre recherche et votre conviction des mots justes…

Dans la relecture professionnelle, autant d’accompagnement et d’humain que de technique.

Les mots perlés - accompagnement

Certains correcteurs se limitent à la première étape.

Ce n’est pas ma conception ni ma pratique du métier. Le lecteur correcteur professionnel est pour moi un véritable partenaire de votre écrit et de votre projet.

  • Ainsi, comment devrait-il construire un devis autrement qu’en écoutant et en considérant en premier lieu vos intentions d’écriture ? Parce que le devis n’est pas un simple calcul mathématique. Il représente le chemin à parcourir entre la situation de votre texte et votre objectif final. Pas d’échange sur ce sujet, et voilà selon moi le travail du lecteur correcteur bien mal engagé…
  • Ensuite, au fil des propositions d’ajustements qu’il soumet à l’auteur, un véritable échange doit exister entre auteur et lecteur correcteur, pour permettre à l’auteur de s’en saisir, de déclencher cette petite voix intérieure, bref, de nourrir sa réflexion.  

Vous l’aurez compris, relire et corriger un texte est bien plus qu’une simple reprise des fautes de français…

Concluons ?

Alors ? Mettre fin à son manuscrit, est-ce…une affaire purement personnelle ? Est-ce une histoire de mots justes pour vos lecteurs ou seulement de langue française à améliorer ?

Probablement un peu de tout cela, dans un subtil équilibre propre à chacun.

Ce qui est certain, c’est que personne d’autre que vous ne décidera que votre manuscrit est prêt à être envoyé à un éditeur ou autoédité.

Mettre fin à son manuscrit est une décision éminemment personnelle, qui dépend de la situation de votre texte et de vos objectifs, mais surtout de votre stade d’engagement vers le sens de votre démarche d’écriture.

Il est un domaine cependant où une aide extérieure peut vous aider dans ce questionnement : faire relire votre texte par un lecteur correcteur professionnel.

Je ne saurais trop vous conseiller dans ce cas de vous appuyer sur un professionnel qui saura vous proposer une approche sur mesure et incluant l’accompagnement suffisant pour aller vers la touche finale de votre manuscrit.

Quelle que soit votre décision, elle comportera aussi une part de risque, par définition.

Écoutez alors encore cette petite voix qui murmure à votre oreille ! Faites-vous confiance !

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